Michelin et des pneus en bois

Le géant français du pneu est sur le point d’innover dans son domaine. Michelin compte, dans un futur très proche, faire usage du bois dans la fabrication de pneus pour véhicules. Même si cela en est encore à une phase expérimentale, la société française reste très optimiste quant à la nature des résultats attendus.

Les objectifs de Michelin

L’entreprise française, tout comme beaucoup d’autres en Europe et dans le monde, semble vouloir prendre le chemin du renouvelable, tel que recommandé par les instances mondiales. En effet, le projet du pneu fait de bois s’imbrique dans celui ambitionné par Michelin à la sortie de son impression de pneu 3D ; des pneus rechargeables et non remplaçables. Pour être plus précis, à l’heure actuelle, la proportion d’éléments qui entrent dans la composition d’un pneu de Michelin est de 2 % de matériaux recyclables, 26 % de matériaux biosourcés et 72 % de composants issus du pétrole.

Il s’agit donc d’inverser cette norme pour atteindre respectivement 30 %, 50 % et 20 % de chacun de ces composants. En somme, Michelin atteindrait une marge de 80 % de matériaux biodégradables dans ses pneus. Selon Cyrille Roget, directeur mondial de la communication scientifique et de l’innovation de Michelin, la première industrialisation de ce concept connait déjà une date butoir. « Ce n’est pas un rêve. Nous devrions avoir la première machine de l’industrie en 2020. Ensuite, l’industrie se développera à partir de là », explique-t-il.

Des copeaux de bois pour remplacer les élastomère

C’est au Brésil que la société française met en place une bonne partie du dispositif qui lui permettra d’atteindre cet objectif. En effet, elle y a mis sur pied une plantation durable de banane et cacao parallèlement à celle du caoutchouc. Mais de façon un peu plus précise, il est prévu que ce soit les copeaux de bois qui viendront en remplacement des élastomères usuels de la marque. « Nous avons un projet avec des copeaux de bois. Nous allons utiliser les déchets de l’industrie du bois pour créer des élastomères qui entrent dans les pneus », a laissé entendre Cyrille Roget à ce sujet. Les plantations durables du Brésil serviront donc à mener les expériences nécessaires à cette fin.

Les avantages du projet

Introduire le bois dans la fabrication des pneus est une ambition qui permettra à Michelin non seulement de survivre aux prochaines crises du pétrole, mais aussi de participer d’une manière ou d’une autre à la sauvegarde de l’environnement. Mais au-delà de tout ceci, cette innovation permettra à Michelin de déconcentrer la fourniture en matière première, c’est-à-dire en bois. « Les arbres poussent partout. Donc, vous redistribuez l’opportunité pour tout le monde d’avoir un approvisionnement local. Et ils sont renouvelables », confie Cyrille Roget. Mais il faudra attendre une bonne dizaine d’années pour que cela soit effectif. Pour le moment, c’est l’impression 3D de pneu de Michelin qui continue de susciter l’intérêt des utilisateurs.